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La Salafiyyah, c'est l'Islam Authentique

L'Islam authentique est fondé sur le Coran et la Sounnah selon la Compréhension des Pieux Prédécesseurs

Publié par Abou 'Othman sur
Publié dans : #Histoire, #France, #Djihad, #Europe, #Occident, #Guerre, #Bataille, #Califat, #Poitiers, #Martyrs

Extraits du documentaire "Poitiers", dans la série "Les grandes batailles du passé".

Ce documentaire retrace l'histoire de la conquête islamique en Occident et de l'affrontement entre deux civilisations, la civilisation islamique et la civilisation nazaréenne, un siècle après la mort du Prophète Mohammed, que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui.

Après avoir vaincu les Goths en Andalousie, les Musulmans traversent les Pyrénées et s'emparent de Narbonne. Ils avancent ensuite en territoire franc, remontant l'Aquitaine et la Bourgogne. Profitant des divisions entre leurs adversaires, ils prennent Bordeaux.

Cependant, lors de la bataille du Pavé des Martyrs (bataille de Poitiers) en 114 de l'Hégire (732 G.), l'armée musulmane dirigée par l'émir 'Abd Ar-Rahman Ibn 'Abd Allah al-Ghafiqi verra sa course arrêtée par les armées franques de Charles, bâtard de Pépin d'Herstal et maire du palais, qui rêve de s'emparer de l'Aquitaine et de la Bourgogne.

Ce documentaire propose des illustrations et des reconstitutions historiques ainsi que des entretiens avec des spécialistes.

 

La conquête des Royaumes Francs

Certains aimeraient faire passer la bataille du Pavé des Martyrs pour le "grand affrontement final" entre le Califat Islamique et le Royaume des Francs, alors que, comme le prouvent les textes, Charles, le maire du palais, a surtout profité de la défaite de ses rivaux du Sud (Aquitaine, Bourgogne, Provence) pour s'emparer par la suite de leurs territoires. De nombreux souverains locaux étaient passés du côté des Musulmans, certaines villes leur avaient même ouvert leurs portes sans combattre, comme Avignon, qui payera cher cet acte lorsque Charles prendra la ville quelques années plus tard : il y mettra le feu...

Les Musulmans sont montés, beaucoup plus haut que Poitiers, selon certaines sources jusqu'à Sens, près de Paris. Sur cette carte, on peut voir les différentes expéditions musulmanes en territoire franc durant le IIe siècle hégirien. Sur les motifs du retrait des armées musulmanes, il y a plusieurs causes qui ont été mentionnées : éloignement des bases, climat, dissensions, révoltes (notamment celle de 122–125 H.)...

Lire : 


« En 732 (ou 733) [G.], Poitiers ne fut pas le Waterloo des Sarrasins. Et, malgré les lourdes représailles exercées par les Francs dans le Midi, y compris contre des autochtones, accusés d’intelligence avec l’ennemi, beaucoup de musulmans (Arabes et Berbères) y firent souche. Voire, selon Ernest Sabatier, historien de la ville de Béziers, « beaucoup d’habitants (biterrois) se firent musulmans ». En 739 [G.], ayant échoué à déloger les Sarrasins de Narbonne (c'est son fils, Pépin le Bref, qui réussira en 759 [G.] à prendre la ville), Charles se vengera sur Agde, Béziers, Maguelone, Nîmes (dont il incendie les arènes). »
Comment le mythe de Charles Martel et de la bataille de Poitiers en 732 s’est installé

« En voulant étendre son pouvoir sur la Provence, Charles, duc des Francs, a massacré de nombreux chrétiens de la région, dont certains pouvaient préférer cohabiter avec des musulmans, voire passer alliance avec eux, que de subir la domination violente de demi-barbares venus du nord. Il a détruit des cités comme Nîmes ou Agde, tapant indifféremment sur les musulmans et sur les Provençaux. C'est alors qu'il a mérité son surnom de Martel qui désigne celui qui "tape dur". Il fut surtout connu pour cela. Les chroniques arabes, elles, signalent la bataille de Poitiers comme un simple incident. Par ailleurs, Charles Martel a aussi accaparé des biens d'Église pour rémunérer ses guerriers. Aussi existe-t-il une légende noire (une perception négative d'un personnage ou d'un événement historique généralement infondée ou partielle, et qui peut se confondre avec la vérité historique) selon laquelle il aurait brûlé en enfer pour ses méfaits. »
Laurent Theis : « Charles Martel a massacré de nombreux chrétiens ! »

« Pour punir la ville qui a fait appel aux Arabes, Charles démolit les portes, abat les murailles et tente d’incendier les Arènes sous prétexte qu’elles sont aménagées en ouvrage défensif. Sur son ordre, ses guerriers entassent toute une forêt dans l’Amphithéâtre et y mettent le feu. »
La véritable histoire de Charles Martel : celle que Ménard et Jean-Marie Le Pen ignorent

« Les Franks [de Charles Martel] pillent à outrance dans tous les lieux où ils portent leurs pas; ils désarment la population chrétienne, qui, ayant conservé en partie la civilisation romaine, voyait en eux des Barbares, et leur était suspecte. Forcés d’abandonner le siège de Narbonne, et voulant empêcher les Sarrasins de prendre ailleurs dans le pays une position solide, ils rasent les fortifications de Béziers, d’Agde et d’autres cités considérables. Agde et Béziers sont même livrées aux flammes, leurs territoires dévastés, les châteaux sont démolis. Enfin, en s’éloignant, les soldats de Charles Martel emmènent, outre un grand nombre de prisonniers sarrasins, plusieurs otages choisis parmi les chrétiens du pays. »
Quand Robert Ménard loue Charles Martel, l'homme qui a brûlé Béziers

De la présence musulmane en France :

Gustave Le Bon (m. 1350 H.) dit dans La Civilisation des Arabes :

« Lorsque les Arabes parurent en France au huitième siècle de notre ère, le pays était gouverné par des princes connus sous le nom de rois fainéants. Livré à la plus complète anarchie féodale, il offrait une proie facile aux envahisseurs. Aussi ces derniers s'emparèrent-ils sans peine de la plupart des villes du midi. Après avoir conquis Narbonne dans le Languedoc, et avoir assiégé inutilement en 721 [G.] Toulouse, capitale de l'Aquitaine, ils prirent successivement Carcassonne, Nîmes, Lyon, Mâcon, Autun, etc., et se répandirent dans toute la vallée du Rhône, dans le Dauphiné et la Bourgogne. »

Gustave Le Bon raconte ce qu'il s'est ensuite passé suite à la bataille du Pavé des Martyrs et à l'offensive vers le Sud de Charles Martel :

« Arrivé devant Narbonne, il [Charles Martel] l'assiégea inutilement, et s'étant mis alors, suivant l'habitude de l'époque, à piller tous les pays environnants, les seigneurs chrétiens s'allièrent aux Arabes pour se débarrasser de lui, et l'obligèrent à battre en retraite. Bientôt remis de l'échec que leur avait infligé Charles Martel, les musulmans continuèrent à occuper leurs anciennes positions, et se maintiennent encore en France pendant deux siècles. En 737 [G.], le gouverneur de Marseille leur livre la Provence, et ils occupent Arles. En 889 [G.], nous les retrouvons encore à Saint-Tropez, et ils se maintiennent en Provence jusqu'à la fin du dixième siècle. En 935 [G.], ils pénètrent dans le Valais et la Suisse. Suivant quelques auteurs, ils seraient même arrivés jusqu'à Metz. »

Gustave Le Bon conclue ainsi :

« Le séjour des Arabes en France, plus de deux siècles après Charles Martel, nous prouve que la victoire de ce dernier n'eut en aucune façon l'importance que lui attribuent tous les historiens. Charles Martel, suivant eux, aurait sauvé l'Europe et la chrétienté. Mais cette opinion, bien qu'universellement admise, nous semble entièrement privée de fondement. »

Sur les traces qu'ont laissées les Musulmans, Gustave Le Bon dit :

« Bien que le séjour des Arabes en France n'ait été constitué que par une série de courtes invasions, nous verrons dans un autre chapitre qu'ils ont laissé des traces profondes de leur passage dans la langue, et nous allons montrer maintenant qu'ils en ont laissé également dans le sang. Plusieurs d'entre eux s'étaient fixés définitivement sur notre sol, dans le voisinage des villes occupées par leurs compatriotes et s'adonnaient à l'industrie et à l'agriculture. On leur a attribué l'importation de la fabrication des tapis à Aubusson, ainsi que plusieurs méthodes agricoles nouvelles. Souvent alliés aux seigneurs chrétiens toujours en guerre, ils finirent sur beaucoup de points par se confondre avec les habitants. L'ethnologie nous en fournit la preuve, en retrouvant, après tant de siècles, des descendants des Arabes sur plusieurs parties de notre sol. Dans le département de la Creuse, dans les Hautes-Alpes, et notamment dans plusieurs localités situées autour de Montmaure (montagne des Maures), dans le canton de Baignes (Charente), de même que dans certains villages des Landes, du Roussillon, du Languedoc, du Béarn, les descendants des Arabes sont facilement reconnaissables. On les distingue à leur peau basanée, leurs cheveux couleur d'ébène, leur nez aquilin, leurs yeux foncés et perçants. Les femmes se reconnaissent à leur teint olivâtre, leur figure allongée, leurs grands yeux noirs, leurs sourcils épais, la forme conique de leurs seins, etc. Si ces caractères ne se sont pas effacés en se noyant dans ceux de la population environnante, suivant les lois anthropologiques que nous avons exposées cela tient à ce que, dans les régions où se rencontrent encore les descendants des Arabes, ils ont fini par former de petites agglomérations nettement séparées du reste de la population et ne se croisant qu'entre elles. »

Gustave Le Bon ajoute :

« En France même, la langue arabe a laissé des traces importances. Sedillot fait remarquer avec raison que les patois de l'Auvergne et du Limousin sont « peuplés de mots arabes et que les noms propres y affectent à chaque pas une forme tout arabe. »

« Il était tout naturel, écrit l'auteur que je viens de citer, que les Arabes, maîtres de la Méditerranée depuis le huitième siècle, donnassent à la France et à l'Italie la plupart des termes de marines : amiral, escadre, flotte, frégate, corvette, caravelle, felouque, chaloupe, sloop, barque, chiourme, darse, calfat, estacade, et, en première ligne, la boussole, improprement attribuée aux Chinois ; que dans la formation des armées permanentes on adoptât les titres donnés aux officiers des armées musulmanes, le cri de guerre des Arabes, l'emploi de la poudre à canon, des bombes, des grenades, des obus ; que dans l'administration, les termes de syndic, aides, gabelle, taille, tarif, douane, bazar, etc., fussent empruntés aux gouvernements de Bagdad ou de Cordoue. Les rois de France de la troisième race les imitaient en tout, c'est ainsi que la plupart des termes de grandes chasses sont arabes ; chasse, meute, laisse, curée, hallali', cor de chasse, fanfares, etc. ; que le mot tournoi, que les lexicographes modernes font venir de torneamentium, est bien l'arabe tournou, spectacle militaire ; mais c'est principalement à la nomenclature scientifique que nous devons nous attacher. Notre astronomie est peuplée d'expressions arabes : azimuth, zenith, nadir, les pièces de l'astrolabe, alidade, alancabuth ; les noms d'étoiles Aldébaran, Rigel, Althair, Wéga, Acarnar, Aghol,etc. ; il en de même pour les mathématiques ; chiffres, zéro, algèbre, etc. ; pour la chimie : alchimie, alcool, alcali, alambic, etc. ; pour l'histoire naturelle et la médecine : bol, elixir, sirops, juleps, sorbet, mirobolans, etc. ; et ce haschich d'où nous est venu le terme assassins. ». »

Lire : Des tombes attestent de la présence de Musulmans à Nîmes au début du Moyen-Age​

Trois tombes musulmanes ont été découvertes lors de fouilles à Nîmes. Elles sont les plus anciennes découvertes en France et constituent les premiers indices de la présence durant plusieurs décennies de communautés de musulmans dans le sud du pays au début du Moyen-Age

Trois tombes musulmanes ont été découvertes lors de fouilles à Nîmes. Elles sont les plus anciennes découvertes en France et constituent les premiers indices de la présence durant plusieurs décennies de communautés de musulmans dans le sud du pays au début du Moyen-Age

Non loin de Perpignan, dans la bourgade de Saint André, l'abbaye Saint André de Sorède abrite les traces d'une pierre tombale musulmane datant du Ve siècle hégirien (XIe siècle grégorien) sur lequel est gravée la Sourate 113 al-Falaq (L'Aurore).
Non loin de Perpignan, dans la bourgade de Saint André, l'abbaye Saint André de Sorède abrite les traces d'une pierre tombale musulmane datant du Ve siècle hégirien (XIe siècle grégorien) sur lequel est gravée la Sourate 113 al-Falaq (L'Aurore).
Non loin de Perpignan, dans la bourgade de Saint André, l'abbaye Saint André de Sorède abrite les traces d'une pierre tombale musulmane datant du Ve siècle hégirien (XIe siècle grégorien) sur lequel est gravée la Sourate 113 al-Falaq (L'Aurore).

Non loin de Perpignan, dans la bourgade de Saint André, l'abbaye Saint André de Sorède abrite les traces d'une pierre tombale musulmane datant du Ve siècle hégirien (XIe siècle grégorien) sur lequel est gravée la Sourate 113 al-Falaq (L'Aurore).

Barrès (m. 1342 H.) a dit :

« Pour nous, la patrie, c'est le sol et les ancêtres, c'est la terre de nos morts. »

Les Identitaires et leurs semblables qui veulent rejeter à la mer les Musulmans de France se fondent sur ce concept pour affirmer que les Musulmans n'ont rien à faire en France. Ils insistent sur le manque d'enracinement des Musulmans dans la terre de France. A leur yeux, ils ne sont que des allochtones (des corps étrangers), donc des intrus.

Pour eux, l'Islam n'a jamais fait partie de l'histoire de cette terre (ici on parle surtout de la Gaule narbonnaise et non de l'ensemble du territoire actuel de la France), si ce n'est comme un corps étranger, comme un envahisseur.

Or, la présence de ces tombes (tout comme l'attestation de la présence d'un émirat islamique dans le Sud du territoire actuel de la France) vient démentir leurs allégations.

Les Musulmans ont bel et bien pris racine dans le Sud du territoire actuel de la France et bien avant qu'il ne soit appelé "France".

Pour eux, on a ce schéma : Gaule celtique puis Gaule romaine puis Francie

Dans ce schéma, les Musulmans n'apparaissent que comme des intrus que les Francs ont chassés (puis à notre époque comme une masse destinée à les remplacer).

Or, dans la réalité, à la suite de la chute de l'Empire romain, les Francs occupent le Nord de la Gaule et les Wisigoths occupent le Sud, chacun soumettant les populations locales. Les Wisigoths sont ensuite vaincus par les Musulmans qui gouvernent leurs anciennes possessions, y compris la Narbonnaise (Septimanie). Dans toute la région, ils opèrent des pactes avec les cités et les chefs locaux (en Provence, dans la vallée du Rhône...), beaucoup de ces chefs locaux préférant traiter avec les Musulmans qu'avec les Rois francs du Nord. Ce n'est que par la suite que les Francs mettent la main sur la Narbonnaise.

Ainsi, on a d'un côté la propagande nationaliste française qui voit les Musulmans comme un corps étranger et de l'autre, la réalité historique qui montre que les Musulmans étaient implantés dans certaines régions de la France actuelle bien avant les Francs et donc bien avant la France.

La présence musulmane dans les territoires qui constituent actuellement le Sud de la France est donc un fait avéré, cependant largement occulté, tant par l'Education Nationale française que par les politiques et les figures du nationalisme français.

Limiter la présence des Musulmans en France à la bataille du Pavé des Martyrs est d'une malhonnêteté évidente. Cela démontre la volonté de cacher un fait historique qui pourrait remettre en cause le caractère étranger de l'Islam dans certaines régions.

D'ailleurs, il serait intéressant de comparer l'implantation des Vikings en Normandie et celle des Musulmans en Narbonnaise et en Provence et de voir comment ces deux implantations sont traitées par les historiens français et autres spécialistes. Mais, j'ai déjà ma petite idée...

Photos de la pierre tombale de l'abbaye Saint André de Sorède : David Bizet

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