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La Salafiyyah, c'est l'Islam Authentique

L'Islam authentique est fondé sur le Coran et la Sounnah selon la Compréhension des Pieux Prédécesseurs

Publié par Abou 'Othman sur
Publié dans : #Croyance, #Imam, #Malik, #Savant, #Marghreb, #Almohades, #Asharite, #Secte, #Histoire, #Salafisme

Les ouvrages malikites selon la croyance authentique :


Voici certaines grandes références malikites qui composèrent leurs ouvrages, selon le crédo des traditionalistes (Ahl as-Sounnah), ou pour reprendre un terme cher à al-Maqrizi (m. 845 H.), des salafis : si certains sont imprimés d’autres sont restés à l’état manuscrit. Néanmoins, ils restent intéressants dans la mesure où qu’il est faux dans l’absolu d’associer les malikites aux asharites ou aux soufis…

 

1 - L’Imam Malik lui-même (m. 179 H.) ; l’auteur d’al-Qadr wa ar-Radd ‘ala al-Qadariyyah.

2 - Son ami Ibn Farroukh (m. 175 H.) ; ar-Radd ‘ala Ahl il-Bid’ah.

3 - ‘Abd Ar-Rahman Ibn al-Qasim (m. 191 H.) ; Risalah fi as-Sounnah.

4 - ‘Abd Allah Ibn Wahb (m. 197 H.) ; al-Qadar.

5 - Asbagh Ibn al-Faradj al-Masri (m. 225 H.) ; ar-Radd ‘ala Ahl il-Ahwa.

6 - ‘Abd Al-Malik Ibn Habib al-Andalousi (m. 238 H.) ; Fada~il as-Sahabah.

7 - Mohammed Ibn Sahnoun (m. 256 H.) ; as-Sounnah, al-Houjjah ‘ala al-Qadariyyah, et 6 autres ouvrages.

8 - Ibn ‘Abd Al-Hakam (m. 268 H.) ; ar-Radd ‘ala Bishr al-Marisi.

9 - Abou Bakr al-Waffar (m. 269 H.) ; as-Sounnah et ar-Risalah fi as-Sounnah.

10 - Yahya Ibn ‘Omar al-Kindi (m. 289 H.) ; ar-Rou~yah, al-Mizan, ar-Radd ‘ala ash-Shoukoukiyyah, et ar-Radd ‘ala al-Mourdjiyyah.

11 - Yahya Ibn ‘Awn (m. 298 H.) ; ar-Radd ‘ala Ahl il-Bid’ah.

12 - Ibn Abi Zeyd al-Qayrawani (m. 386 H.) ; Ousoul at-Tawhid, ar-Risalah, et 8 autres livres.

13 - Le grand Abou ‘Omar at-Talamanki (m. 429 H.) ; al-Ousoul ila Ma’rifat il-Ousoul et 3 autres ouvrages.

14 - al-Qahtani al-Andalousi et sa fameuse Nouniyah al-Qahtaniyyah. [1]

Copie, vieille de plus de 300 ans, d'un ouvrage d'Ibn Abou Zeyd al-Qayrawani

Copie, vieille de plus de 300 ans, d'un ouvrage d'Ibn Abou Zeyd al-Qayrawani

Les facteurs à l’origine de la corruption de la croyance malikite au Maghreb :

Le "Mahdi" Ibn Toumart (m. 524 H.)

À la tête de l’Empire des Almohades (al-Mouwahhidoun), il fut le premier homme à avoir corrompu la croyance malikite. De son vrai nom, Abou 'Abd Allah Mohammed Ibn 'Abd Allah Ibn Toumart, il s’autoproclama Mahdi. Il avait des vues sur le pouvoir qu’il arracha à l’aube du cinquième siècle de l’Hégire dans les terres du Maghreb. Avant cette période, il s’était rendu en Iraq pour enrichir sa culture religieuse. Il avait un ascendant pour l’ascétisme et la piété.

De retour au bercail, il conquit les cœurs de certains montagnards et incultes peu versés en l’Islam. Il leur donna quelques enseignements et s’autorisa même à leur montrer de faux miracles afin de les faire adhérer à sa conception de la religion. Il revendiqua notamment être le Mahdi annoncé par le Prophète - Paix et bénediction d'Allah sur lui - et ses adeptes lui vouaient une énorme considération. En raison des principes asharites et philosophiques qu’il leur avait inculqués, ils firent impunément verser le sang des Musulmans en attentant à la vie de milliers d’habitants de la région qui étaient fidèles au traditionalisme. Accusés à tort d’être des Assimilateurs (al-Moushabbihah) et des Anthropomorphistes (al-Moudjassimah), ils en pâtirent de leur vie. [2]

Ainsi, Ibn Toumart fut à l’origine de l’extension de la croyance asharite en terre du Maghreb, qui baignait auparavant dans un climat salafi. [3]

[*] Ibn Khaldoun (m. 808 H.) dit dans al-Mouqaddimah :

« Le Mahdi [Ibn Toumart] [...] reprocha vivement aux habitants du Maghreb leur éloignement des doctrines d’al-Ash'ari, théologien dont il s’était déclaré le sectateur. Il les blâma de leur attachement au principe suivi par les Anciens Musulmans, qui, au lieu d’expliquer le texte du Coran d’après son esprit, le prenaient dans son sens littéral, ce qui, selon les asharites, conduisait à des résultats très graves. Il donna à ses partisans le nom d’al-Mouwahhidin [Almohades]. »

Ainsi, le mouvement des Almohades s'opposa à la croyance alors répandue parmi les gens du Maghreb vivant sous la dynastie des Hammadides ou sous celle des Almoravides (al-Mourabitoun). Ces derniers étaient de fervents malikites et avaient accordé une place importante aux savants sous leur règne.

Ibn Khaldoun nous décrit l'ascension de la dynastie sunnite des Almoravides :

« Yousouf Ibn Tashfin [m. 500 H.], roi d’un peuple berbère nommé les Lemtouna, parut dans ce pays [le Maghreb] et en fit la conquête ainsi que celle de l’Espagne. Étant très religieux et tout disposé à suivre de bons exemples, il prit la résolution de reconnaître l’autorité du Calife [Abbasside] et de remplir ainsi tous les devoirs d’un bon musulman. Ayant adressé une déclaration de foi et hommage à al-Moustazhir l’Abbasside [m. 512 H.], il la fit porter à ce Calife par 'Abd Allah Ibn al-'Arabi et le cadi Abou Bakr Ibn al-'Arabi [m. 548 H.], fils de celui-ci et un des principaux docteurs de Séville. Ces envoyés étaient chargés de demander, pour leur maître, sa confirmation par diplôme dans le gouvernement du Maghreb. A leur retour, ils lui présentèrent ce document, qui l’autorisait à porter des vêtements et des drapeaux semblables à ceux des Abbassides et à prendre, comme une marque d’honneur toute spéciale, le titre d’Amir al-Mouslimin [Commandeur des Musulmans]. On rapporte qu’il s’était déjà intitulé ainsi, n’ayant pas voulu prendre le titre d’Amir al-Mou~minin [Commandeur des Croyants], tant il respectait la dignité du Calife et tant ses Almoravides étaient dévoués à l’observation des préceptes de la Religion et de la Sounnah. »

Ibn Khaldoun ajoute à propos de la place des savants musulmans sous la dynastie almoravide :

« [Ils] avaient habitué ces docteurs à des égards et à des témoignages de respect qu’aucune autre dynastie ne leur aurait accordés ; et cela par suite de la simplicité d’esprit et de la dévotion qui animaient la nation. C’en était au point que, dans cet empire, les légistes jouissaient de la plus haute considération et faisaient partie des conseils administratifs dans les endroits où ils demeuraient [...] Autant ils aimaient la dynastie des Lemtounah [une tribu amazighe, dont sont issus les Almoravides], autant ils détestaient celle des Almohades ; jamais ils ne purent pardonner au Mahdi [Ibn Toumart] son opposition à la volonté de leurs souverains, les reproches qu’il leur adressait et les hostilités auxquelles il s’était livré contre eux. »

Le Sheykh Mohammed Aman al-Djami (m. 1416 H.) dit dans Histoire de la Croyance Islamique :

« Puis un des voyageurs de cette période, Abou ‘Abd Allah Mohammed Ibn Toumart originaire du Maghreb, se rendit en Iraq et y apprit la croyance asharite koullabite auprès d'Abou Hamid al-Ghazali [m. 505 H.]. Lorsqu’il retourna dans son pays, au Maghreb, il s'établit parmi les Masmoudah [une tribu amazighe] et se mit à leur faire comprendre et à leur enseigner la croyance asharite. Il leur a aussi écrit lui-même un livre sur la croyance que les gens ont accepté et apprécié. 

Puis Ibn Toumart, celui qui leur avait apporté cette croyance, mourut. Lui succéda alors 'Abd Al-Mou~min Ibn 'Ali al-Qisi [m. 558 H.], qui prit le titre d’Amir al-Mou~minin. Il prit le dessus, lui et ses enfants, sur les différents rois du Maghreb après un certain temps et ils se donnèrent le nom d'al-Mouwahhidoun. Ils furent donc les porteurs de la croyance asharite toumartienne, qui leur venait de l’Iraq. Ils s’y accrochèrent avec force et appelèrent les gens à l’accepter. Ils l’imposèrent même par la force, au point de rendre licite le sang de ceux qui s'opposaient à la croyance toumartienne. Car Ibn Toumart était pour eux al-Imam al-Ma'loum [l'Imam connu] et al-Mahdi al-Ma'soum [Bien-Guidé infaillible], comme l’explique al-Maqrizi. 

Taqi oud-Din al-Maqrizi dit dans son livre al-Khitat en parlant de cette position extrémiste des Almohades : 

« Personne ne peut compter le nombre de créatures dont le sang a coulé à cause de cette croyance toumartienne, sauf Allah, Celui qui les a créés, gloire à Lui ! ». »

Face à ce fléau sectaire, les Almoravides rejetèrent durement les hérésies et les erreurs des asharites importées par Ibn Toumart à tel point que le sultan almoravide 'Ali Ibn Yousouf (m. 537 H.) [a] fit brûler les livres d'al-Ghazali.

Le jurisconsulte malikite Ahmed Ibn Yahya al-Wansharisi (m. 914 H.) écrivit au sujet du livre d'al-Ghazali intitulé, Revivification des Sciences Religieuses

« Ibn al-Qattan [m. 628 H.] a dit :

« Lorsque le livre
Revivification des Sciences Religieuses arriva à Cordoue, les gens protestèrent contre ce livre. Beaucoup se plaignirent de son contenu, spécialement le juge Ibn Ahmadeyn, qui le détestait. Cela arrivait à un stade où il était sur le point de déclarer son auteur mécréant. Il demanda au Sultan de prendre des mesures. Celui-ci convoqua les savants et ils s’accordèrent à brûler ce livre. Ainsi, 'Ali Ibn Yousouf ordonna que les livres soient rassemblés, selon les décrets juridiques. Ainsi, il fut brûlé à Cordoue, à la Porte Occidentale, dans le jardin de la Mosquée, après qu'il fut aspergé d’huile. Un groupe de personnes éminentes furent présentes durant l’autodafé et des instructions furent envoyées pour le brûler à travers le pays. Cet autodafé se poursuivit sur les terres du Maghreb à cette époque. ». »

L'émir almoravide 'Ali Ibn Yousouf - qu'Allah lui fasse miséricorde -  demanda à ce que l'ouvrage d'al-Ghazali soit brûlé, car il comportait des propos hérétiques et en contradiction avec le dogme des Gens de la Sounnah. Cet autodafé fut par ailleurs approuvé par les savants de cette époque et il y a là une preuve que les thèses asharites demeuraient encore peu connues et marginales en Andalousie et au Maghreb en ces temps-là. Si c'était le cas, alors le livre d'al-Ghazali n'aurait pas choqué et suscité l'émoi de la population, des imams et des détenteurs de l'autorité. 

Au mois de Djoumada al-Awwal de l'année 538 de l'Hégire, l'Emir des Croyants Tashfin Ibn 'Ali (m. 539 H.), qui succède à son père à la tête de l'Empire Almoravide, envoya une lettre au gouverneur et aux juristes de la ville de Valence, dans laquelle il écrivit entre autres : 

« Quand vous rencontrez une bid'ah [hérésie], ou le fauteur de quelque hérésie, gardez-vous d'eux et spécialement des ouvrages d'Abou Hamid al-Ghazali. Suivez-les à la trace, afin que sa mémoire soit totalement détruite, au moyen d'un autodafé incessant, faites des perquisitions et exigez des serments de ceux que vous soupçonnez d'en cacher. » [b]

Ainsi, l'Empire Almoravide, état dont la croyance sunnite était en accord avec celle de l'Imam Malik et des Pieux Prédécesseurs en général, tentait d'empêcher l'asharisme de pénétrer au Maghreb.

Mais les Almoravides, qui avaient unifié le Maghreb et l'Espagne et renoué avec le Califat Sunnite des Abbassides de Baghdad, furent finalement défaits par la fanatisme des Almohades.

Ibn Khaldoun explique dans al-Mouqaddimah :

« Les immenses forces de l’Empire Almoravide et la puissance qu’il avait acquise par le nombre de ses troupes et de ses partisans, tout s’écroula à la fois, renversé de fond en comble. Dans cette entreprise le Mahdi [Ibn Toumart] perdit une foule de combattants qui s’étaient engagés à mourir pour sa cause, à mériter la faveur d'Allah, en sacrifiant leur vie au triomphe et au maintien de la doctrine almohade. Aussi ce système religieux l’emporta sur les autres, et remplaça, en Espagne et dans le Maghreb, les croyances des dynasties antérieures. »

Ce fanatisme (toujours dirigé contre des Musulmans) s'explique dans le suivi aveugle auquel les adeptes des Almohades furent conditionnés.

Ibn Khaldoun, toujours dans al-Mouqaddimah, décrit l'un des penchants pour le shiisme du fondateur des Almohades, Ibn Toumart :

« Il commença par se faire nommer Imam, afin de se conformer à l’usage des shiites, qui désignaient leur calife par ce titre ; ensuite il y ajouta le mot "ma'soum" [infaillible, sans erreur ni péché], pour indiquer que, d’après sa doctrine, l’Imam doit être exempt du péché. Ses partisans s’abstinrent de l’intituler Amir al-Mou~minin, pour ne pas s’écarter de l’usage suivi par les shiites des temps anciens... »

Ibn Qayyim al-Djawziyyah (m. 751 H.) dit dans al-Manar al-Mounif :

« Quant au Mahdi du Maghreb, il s’incarne en la personne de Mohammed Ibn Toumart qui était un grand menteur et un tyran. Il a rendu licite de verser le sang des Musulmans, de prendre leurs femmes, de capturer leurs enfants et de s’emparer de leurs biens. Il était largement plus mauvais qu’al-Hajjaj Ibn Yousouf [m. 95 H.]. Il dissimulait ses complices dans des tombes afin de dire aux visiteurs que leur maître était le Mahdi annoncé par le Prophète - Paix et bénediction d'Allah sur lui. Le soir, il faisait enfouir sous la terre ses propres complices devenus les témoins embarrassants de sa supercherie. Il donna à ses adeptes le nom d'al-Djahmiyyah al-Mouwahhidoun. Ils reniaient en effet les Attributs divins tels que la Parole, l’Elévation au-dessus de la Création, l’Etablissement sur le Trône. Ils s’opposaient également à ce que les Croyants puissent voir le Seigneur de leurs yeux, le Jour de la Résurrection. Il a rendu licite le sang de tous ses opposants parmi les Savants et les Croyants. » 

Ibn Toumart alla jusqu'à affirmer que quiconque ne lui obéissait pas méritait la mort ! [c]

Ainsi, les Almohades introduisirent au Maghreb, au moyen du fanatisme et du meurtre des Musulmans, des éléments doctrinaux étrangers à l'Islam authentique. Ceci fut une première dans la région, et notamment de par son ampleur et de par la violence exercée, depuis la fin des états kharidjites (comme celui des Rostémides), shiites (comme celui des Obeydides dits Fatimides, qui se sont deplacés vers l'Est) ou d'autres hérétiques (comme celui des Barghwatah), qui, plus de cent ans auparavant, avaient chacun à leur tour dominé une partie du Maghreb sans pour autant réussir à imposer leurs doctrines à toute la région et qui, du temps des Almoravides, avaient déjà disparus.

Le Sheykh Moubarak al-Mili (m. 1364 H.), qui a fait partie de l'élite de l’Association des Oulémas Musulmans Algériens, dont le fondateur n'est autre que le savantissime Sheykh 'Abd Al-Hamid Ibn Badis (m. 1359 H.), a dit :

« Les gens du Maghreb étaient salafis jusqu'à ce qu'Ibn Toumart parte en Orient et décide de faire un renversement politique et religieux. Il a adopté la voie des asharites et l'a défendue. Son renversement s'est réalisé grâce à Ibn 'Abd Al-Mou~min [m. 580 H., Abou Ya'qoub Yousouf, le deuxieme "calife" almohade, qui a succédé à son père 'Abd Al-Mou~min, disciple d'Ibn Toumart], et les asharites sont devenus victorieux au Maghreb. La Salafiyyah a disparu avec la chute de l'Etat des Sanhadjiens [confédération de tribus amazighes dont sont issus les Almoravides], puis elle n'a été défendue que par quelques savants à diverses époques. » [d]

Ibn Badis a dit lui-même :

« Si seulement les gens étaient vraiment Malikites, ils auraient alors délaissé toute bid'ah [innovation en religion] et tout égarement. » [e] [/*]

Empire des Almohades à la fin du VIe et au début du VIIe siècle hégirien

Empire des Almohades à la fin du VIe et au début du VIIe siècle hégirien

Abou al-Qasim al-Qousheyri et Abou Hamid al-Ghazali

L’une des raisons indirectes, qui ont contribué à la corruption de la croyance malikite au Maghreb, est, à partir du cinquième siècle de l’hégire, la pénétration du soufisme dans les rangs de ses adeptes par l’intermédiaire de deux hommes : Abou al-Qasim al-Qousheyri et Abou Hamid al-Ghazali. [4]

Abou Dharr al-Harawi

Nous pouvons ajouter une raison à l’origine de l’expansion de l’asharisme jusqu’au détroit de Gibraltar, et qui a peut-être échappé à certains spécialistes. Dans Siyar A’lam an-Noubalaa, adh-Dhahabi nous relate la biographie d’Abou Dharr al-Harawi, qui, au dire d’Abou al-Walid al-Badji, fut marqué par sa rencontre avec le Qadhi Abou Bakr al-Baqallani. Pourtant, aux dires d’Ibn Taymiyyah, celui-ci est considéré comme le second fondateur de l’asharisme. [5]

Voici en détail l’anecdote d’al-Badji :

« Le Sheykh Abou Dharr [al-Harawi] m'a informé qu'il penchait vers sa tendance. Je lui demandai alors :

« - D’où te vient ce penchant ? 

- Un jour, à Baghdad, je me promenais avec le Hafizh Daraqoutni, et nous avons croisé Abou Bakr Ibn at-Tayyib
[al-Baqallani]. Le Sheykh  Abou al-Hasan le serra alors dans ses bras et lui embrassa le visage et les yeux. Une fois que nous l’avons quitté, je me tournai vers lui pour lui demander : 

« - Qui est-il pour que tu fasses en son honneur ce qui ne me serait jamais passé à l’esprit venant de toi, l’Imam de notre époque ?  

- C’est l’Imam des Musulmans, justifia-t-il, le défenseur de la Religion, Abou Bakr Ibn at-Tayyib al-Qadhi. »

- Depuis ce jour,  
poursuivit Abou Dharr, je le visitais régulièrement avec mon père, et dans tous les pays du Khorasan et ailleurs que j’ai visités ; les traditionalistes les plus notoires suivaient tous, sans exception, sa tendance et sa voie. ». » [6]

Ainsi, d’obédience malikite dans le Fiqh, al-Harawi épousa le crédo asharite. Compté parmi les narrateurs du Sahih al-Boukhari, il importa le Kalam (la dialectique) à La Mecque où il prit résidence, et en devint le porte-parole à tous les pèlerins en provenance du Maghreb et de l’Andalousie venus pourtant étudier le Hadith. Ces derniers dérogèrent ainsi à l’usage en vigueur chez les grands traditionalistes malikites avant eux, à l’instar d’Asili, Abou al-Walid Ibn al-Faradhi, Abou ‘Omar at-Talamanki, Makki al-Qaysi, Abou ‘Amr ad-Dani, et enfin Abou ‘Omar Ibn ‘Abd Al-Barr qui n’avaient jamais trempé dans le Kalam. [7]

Ainsi, ce flux migrateur (circuit initiatique) de l’Occident vers l’Orient eut, malheureusement, des contrecoups défavorables. Ibn Taymiyyah fait remarquer que de grandes sommités maghrébines furent affectées par ce fléau. Abou al-Walid al-Badji lui-même prit contact avec Abou Dja’far as-Samnani. Partisan hanafite, il fut l’élève d'Abou Bakr al-Baqallani. Le grand Qadhi Abou Bakr Ibn al-‘Arabi, fut influencé dans son voyage en Orient par al-Irshad d’al-Djouweyni. [8] 

Rappelons qu’il était l’élève d’Abou Hamid al-Ghazali, l’un des deux instigateurs à l’origine de l’essor du soufisme sur les côtes ouest de la Méditerranée. Il disait au sujet de son sheykh : « Si nous ne sommes qu’une goûte au milieu de son océan, nous ne faisons que le réfuter avec ses propres paroles. » [9] 

Aristote, l’un des pères fondateurs de la Logique formelle disait dans ce registre : « Ami de Platon, mais encore plus de la vérité. ». Ibn al-Qayyim aura des paroles de ce genre envers Sheykh al-Islam Abou Isma’il al-Harawi [à ne pas confondre avec Abou Dharr dont nous avons parlé plus haut !].

Rédigé par le frère Karim Zentici sur mizab.org

Photos des manuscripts : Din oul-Qayyimah

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[1] Voir : Takhir Tadwin al-‘Aqidah as-Salafiyyah de ‘Abd As-Salam Ibn Bardjas, qu’Allah lui fasse miséricorde.

[2] Voir : Madjmou’ al-Fatawa (11/475).

[3]Voir : l'introduction à Kitab al-‘Arsh (1/57-62) de l’Imam adh-Dhahabi (m. 746 H.), recension du Docteur Mohammed Ibn Khalifah at-Tamimi.

[4] Voir : l’introduction à ar-Risalah al-Wadihah fi ar-Radd ‘ala al-Asha’irah (1/38) d’Ibn al-Hanbali, recension du Docteur ‘Ali ash-Shibl.

[5] Voir : Nash~ah al-Asha’irah wa Tatawwarouha (p. 320).

[6] Voir : Siyar A’lam an-Noubalaa d'adh-Dhahabi (17/558).

[7] Voir : Siyar A’lam an-Noubalaa d'adh-Dhahabi (17/557).

[8] Voir : Dar~ou Ta’aroud al-‘Aql wa an-Naql d’Ibn Taymiyyah (2/101).

[9] Voir : Siyar A’lam an-Noubalaa d'adh-Dhahabi (10/8-9).

[*]...[/*] Cette partie a été rajoutée à l'article de Karim Zentici.

[a] Le sultan almoravide 'Ali Ibn Yousef (m. 537 H.) est connu notamment pour sa victoire à la bataille d'Uclès (Ma'rakat Ouqlish) en l'an 501 face aux troupes du roi nazaréen de Léon et de Castille, Alphonse VI.

[b] Voir : www.asharisme.com

[c] Voir : La Doctrine almohade de Rashid Bourwibah.

[d] Voir : Tarikh al-Djaza~ir fi al-Qadim wa al-Hadith (p. 711).

[e] Voir : Tarikh Ibn Badis (5/32).

Lire aussi : Les Gens de la Sounnah au Maroc

Liste de plus de 400 savants sunnites qui boycottaient les asharites

L'Imam Malik et l'Istiwa

L'Imam Malik et le Ta~wil

Extrait de la Nouniyyah d'al-Qahtani, savant malikite d'Andalousie, sur les asharites :

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